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A propos de Harry Potter



Mes incursions dans la littérature pour la jeunesse et en particulier dans la série des Harry Potter, me conduisent à vous faire part de quelques observations : il faut d’abord insister sur le fait que les collections dites " pour enfants " sont à utiliser avec la plus grande prudence. On y trouve de tout, à des prix très abordables, certes, mais bien souvent cela ne vaut guère plus.

Mais je voudrais parler ici de Harry Potter, ce héros qui suscite un grand engouement et qui paraît promis à un avenir brillant auprès des jeunes. Ce petit article ne constitue pas une étude approfondie, mais permettra, je l’espère, de montrer par quelques citations ou exemples, à quel point cette série est pernicieuse.

Elle comporte déjà quatre tomes sur les sept prévus par l’auteur. Les volumes sont d’une épaisseur impressionnante pour des livres d’enfants (652 pages pour le tome IV), écrits dans un style assez travaillé mais difficile pour de jeunes lecteurs. Cela rend encore plus surprenant le succès de ces livres auprès d’enfants habitués au style familier voire argotique de la littérature qu’on leur propose.

En fait, le cadre, les thèmes abordés dans Harry Potter sont dans la droite ligne de l’enthousiasme actuel pour la fête d’Halloween. H. Potter est un jeune orphelin qui entre à 11 ans au collège de Poudlard, célèbre école de sorcellerie. Dans chacun des volumes, il va être confronté à une réincarnation du mal, chaque fois plus épouvantable et terrifiante. Et c’est lui qui va sauver le monde de ce mal. Bien et Mal semblent donc être bien définis : H.P. serait du côté du Bien et en face de lui, il y a Voldemort, incarnation du mal, " Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ", " Vous-Savez-Qui " ou " Le-Seigneur-Des-Ténèbres ", en un mot : Satan. Ses interventions donnent lieu à des scènes d’horreur et de terreur pour le moins traumatisantes. Mais alors, tout est clair, pourrait-on dire : le Bien contre le Mal, qu’avez-vous à redire ?

Le problème est que H.P., héros incarnant soi-disant le Bien, n’hésite pas à utiliser mensonges, désobéissance, dissimulation, esprit de vengeance même, ainsi que tous ses condisciples de Poudlard. Et ils en sont récompensés et félicités par leurs professeurs si cela a eu une quelconque utilité. En fait, la fin justifie les moyens et H.P. n’est pas un enfant de choeur ! Par ailleurs, cela devient encore plus grave, H.P. utilise dans sa lutte contre le mal toutes les pratiques occultes et magiques possibles : astrologie, sorts, sortilèges, divination... et cela va parfois très loin. On ne lutte pas contre le Mal en utilisant les puissances du Mal. D’ailleurs, H.P. semble bien tenir ses pouvoirs magiques de Voldemort lui-même et celui-ci, dans le tome IV utilisera pour se réincarner le sang de notre héros après avoir profané la tombe de son père et lui avoir pris de la matière osseuse! Et il fait cela en utilisant une formule pour le moins douteuse : " que la chair du serviteur donnée volontairement fasse revivre le maître ". N’y aurait-il pas blasphème si l’on pense à la phrase du Christ : " celui qui mange ma chair et boit mon sang aura la vie éternelle ".

Il y aurait beaucoup à dire sur l’atmosphère lourde et angoissante qui règne constamment, sur le mauvais goût des descriptions, mais des exemples donnés me semblent suffisants pour en conclure que cette série est dangereuse et qu’il ne faut pas laisser les enfants lire Harry Potter. L’argument souvent utilisé du " au moins mon enfant lit " est à proscrire : mieux vaut ne rien lire que de s’empoisonner avec de telles lectures.

Mardi 25 Octobre 2005
Rose Marie Miqueau


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