Je les appelle au secours… de l'essentiel, du calme, du sourire, de la paix, du bonheur, de notre Dieu et Créateur, le Père, dont elles sont - ou devraient être en tout cas - le reflet.
Les mères de famille chrétiennes sont bien souvent, sans le mesurer le moins du monde, victimes de la société féministe qui a tenté par un mal, de faire contrepoids à la société du totalitarisme paternel issu du Code civil. Elles veulent bien se "consacrer" aux enfants mais elles croient que ce beau désir repose sur une compétence nouvelle accordée aux mères par un Créateur compatissant pour nos inquiétudes du lendemain, nos manques de confiance, et nos pertes de boussole. Certes, Il compatit, je n'en doute pas, mais comme Il nous a donné les moyens de nous tirer d'affaire, de toutes ces affaires obsédantes, tout seuls, Il ne prend pas la place de sa créature. Il l'aide seulement à retrouver sa boussole. Prions le Saint Esprit et réfléchissons, voire méditons.
Je crois qu'il y a dans cette conviction des mamans que leur vocation est finalement fort proche de celle de l'esclave antique, un sophisme des plus préjudiciables. La mère peut certes s'engloutir dans les taches matérielles, avec un esprit de sacrifice digne d'un héros grec ou romain, cela ne lui donnera pas le pouvoir que le Créateur lui a refusé, pour lui confier la mission, autrement plus grande, de donner la vie. En revanche, elle perd son autorité, sans doute, sur cette terre, la plus noble et la plus directement ordonnée à la Gloire de Dieu : être le plus pleinement possible son "image", être le reflet de l'amour le plus pur, de Son Amour et ainsi être la pédagogue du Salut pour tous ceux qu'elle aime.
Donner la vie est beaucoup plus que porter et accoucher un pitchoun plus ou moins fripé et totalitaire, auquel maman offre avec délice son attention, son admiration, sa patience inconditionnelle, sa tendresse, en un mot son amour. En faisant tout cela, c'est la vie qu'elle cultive en lui, au nom de Celui qui donne Vie, la Source de toute vie, l'Amour, c'est-à-dire Dieu. Elle est image du Père, source de Vie, Inconditionnel en Sa Miséricorde si nous La voulons. Elle doit donc être paix et bonheur. La Foi des parents ne se transmet qu'à cette condition.
Aujourd'hui trop de mères croient que ce rôle de nourricières de vie cesse le jour où le père devient le révélateur des talents de l'enfant. Elles croient que cette nourriture de vie cesse le jour où l'enfant leur tient tête et où elles répondent, en mettant les lois de l'amour dans leur poche, pour entrer dans le jeu de l'autorité telle que nos contemporains la comprenne : je te domine ! Quel leurre ! Quelle déperdition de vie !
Revenons aux lois de la vie et les jeunes se suicideront moins, sauront donner un sens à leur vie, sauront aimer, quant aux adultes ils cesseront de détenir ce triste record de champions du monde en consommation de neuroleptiques et tranquillisants. J'en suis sûre. C'est le défi des mères.
La mère doit être sur terre, en miniature, l'image de ce qui caractérise l'amour. Elle est source de vie, donc de bonheur. Or, le bonheur est cet état de paix intérieure que permet la conscience de l'essentiel. Les mères sont les plus douées pour déceler les moindres signes de mal-être, de malheur en ceux qu'elles aiment. Quand elles sont en paix, les mères sont les plus sensibles à la joie de leur époux et de leurs enfants. Elles savent même défendre, contre les ambitions réalistes… mais purement existentielles parfois des papas, le réalisme divin qui veut notre paix et notre bonheur. Dans l'ensemble, elles sont moins soucieuses de réussite humaine - bien qu'aujourd'hui il y ait de fort tristes exceptions -, elles savent reconnaître en leur enfant les talents que la mode ne loue pas. Elles savent aussi s'en contenter, les admirer. Elles sont les révélatrices et les défenseurs du bien, de ce bien qui nous rendra fidèles au plan de Dieu en nous, de ce bien qui fera de nous des saints, quelle que soit notre forme d'intelligence, que nous soyons manuels, artistes, intellectuels, relationnels.
Et justement, cela suppose qu'elles ne piétinent pas ce talent d'amour qui discerne le bien et le juste, en leur enfant. Cela suppose qu'elles ne se laissent pas envahir par la cacophonie de la société qui fonde nos ambitions sur d'illusoires besoins. Cela suppose qu'elles veillent à conserver jalousement cette paix intérieure qui fait d'elles la lumière et la joie du foyer. Cela suppose aussi qu'elles se tiennent au courant des délires du monde et se nourrissent de connaissances régénératrices. Cela suppose qu'elles passent beaucoup de temps à prier plutôt que de faire faire des devoirs ou s'éreinter en soucis ménagers qui doivent demeurer moyens. Vive la mécanique et l'électronique ! Vive surtout, le contrôle admiratif de Papa sur le travail des enfants.
L'épouse est le repos de son époux et son conseiller privilégié pour que tout un chacun dans la famille garde le cap, le seul cap qui vaille, le sens de la vie : le bonheur éternel, la paix éternelle dans le sein de l'Amour. Elle est l'apaisement constant de ses enfants et la preuve vivante que l'amour de Dieu est source de cette paix. Elle est l'occasion et le témoin de la justice rendue par le père qui doit impérativement la faire respecter parce qu'elle incarne l'amour et la vie sur cette terre.
Mais elle n'est respectable que si elle respecte sa vocation : un témoin d'amour dans la fidélité et la miséricorde, un appel à la vie à laquelle cet exemple d'amour donne sens, une source d'amour et de paix pour tout ceux qui l'approchent. Elle est pure, simple et humble pour atteindre l'essentiel, elle est patiente autant que tenace pour témoigner de l'Espérance, elle est joyeuse parce que gourmande de l'Esprit qui donne Lumière et Force. Elle est le phare du foyer dans les tempêtes de la vie. Elle ne se noie pas dans le "faire", mais agit pour être, et faire être. En cette vocation sublime s'enracine son autorité, celle dont Marie fait preuve au pied de la Croix, puis au Cénacle, celle des mères de saints… qui sont saintes aussi de les avoir nourris de vie et de Vie.